Maurice Chevalier….  sa pomme et lui

Un Papa, une Maman, et voilà un Maurice

Maurice Chevalier naît le 12 septembre 1888, de son papa Victor mais aussi et quand même surtout de sa maman Joséphine. Ses parents l’appellent immédiatement Maurice, et c’est le nom qu’il gardera toute sa vie comme nom de scène, ce qui nous simplifie énormément la vie il faut bien le reconnaître. Alors, pour tes biographes, merci Maurice.

Il passe une partie importante de sa jeune vie à Ménilmontant, ce qui explique sans aucun doute l’influence de ce quartier parisienmaurice chevalier jeune dans sa future vie d’artiste. Comme Papa Victor a un caractère soupe au lait sans en apprécier tant que ça le goût, il choisit un beau soir de ne plus rentrer chez lui. Finies les bastons conjugales, exit Papa Victor, le petit Maurice reste seul avec Maman Joséphine et sa petite fratrie, j’ai nommé ses grands frères Charles et Paul.

Les relations tendues avec Charles, très autoritaire, le marqueront pour sa vie entière et lui donneront des envies de revanche. Mais Charles finit par s’en aller aussi, comme Paul, et la pauvre Joséphine se tue lentement à la tâche. Ce qui fait que le petit Maurice se retrouve un beau jour placé dans un hospice de l’assistance publique. C’est un peu une constante dans les carrières de tous ces chanteurs dits réalistes, finalement, une vie chaotique.

Début de carrière de Maurice Chevalier

En décembre 1901, il monte sur la scène du Casino des Tourelles, où il est non seulement applaudi mais rappelé. On lui propose de revenir le lendemain soir pour une audition. Si ça marche avec le public, il fera une ou deux semaines, en étant payé. Sinon, on lui rembourse juste ses frais de transport et hop, adios.

Ça marche pas mal, même si lui s’est trouvé plutôt mauvais, et il est donc engagé pour douze francs la semaine.

Ensuite, cahin-caha, il passe d’une salle à une autre et se bat pour trouver des engagements. Paris ne suffisant pas, il tourne aussi en province, mais les débuts sont vraiment durs.

La notoriété, et Frehel

Il va chanter trois soirs de suite à l’Eden-Concert d’Asnières, où le public se montre bienveillant envers l’humour et la grivoiserie de ses chansons. En définitive, il y reste dix semaines, il est enfin lancé, enchainant ensuite les salles et les succès.

Il rencontre la chanteuse Frehel, qui commence elle aussi à être connue. Pendant cette relation qui durera une année, elle usera de sa mauvaise influence pour faire plonger beau le Maurice dans les affres de l’alcool et de la drogue. Ha, les femmes ! Il lui faudra, plus tard, la guerre de 14-18 (et sa fameuse blessure au front, en fait au poumon droit) pour qu’il se débarrasse enfin de ce poison qu’est la cocaïne, auquel il ne retouchera jamais plus.

Mistinguett

Il devient le partenaire de Mistinguett aux Folies Bergères, dans une scène comique ou cette dernière lui colle des baffes qu’il devait mériter. La scène se termine par une danse enlacée où les deux font valser aussi le mobilier, pour finir sur un tapis dans lequel ils s’enroulent. Dans l’ombre du tapis, on dit qu’un jour ils s’embrassèrent, et c’était parti pour cette histoire d’amour qui contribua aussi à leur renommée. De Mistinguett, Maurice Chevalier dira qu’elle est en définitive la seule femme qu’il ait véritablement aimé.

Valentine

maurice chevalier la chanson française d'avant guerreEn 1924, Maurice enregistre Valentine, d’Albert Willemetz et Henri Christiné. Cette chanson restera son plus grand succès. A cette époque, ce succès ne se dément d’ailleurs pas et il gagne jusqu’à dix mille francs par soirée (on est loin alors des douze francs la semaine). Il s’installe en couple avec Yvonne Vallée. Maurice va finir par l’épouser et elle restera la seule femme qu’il épousera jamais. C’est un mariage « calme », qui ne satisfera jamais totalement Maurice, qui a besoin de passion et de femmes de caractère …

Hollywood

Un soir de 1928, Jesse L.Lasky, fameux directeur de la Paramount, est présent dans la salle, on le présente à Maurice. Comme Maurice a chanté en angliche, Lasky souhaite lui donner une chance. « Yvonne, fais les valises, on part chez les Indiens».  La nouvelle du voyage est connue, et beaucoup de Parisiens se pressent à la Gare Saint-Lazare pour saluer affectueusement son départ. Et ce sera pareil au Havre, où le couple prend le bateau pour New-York. Le lendemain de son premier passage sur scène, les journaux font des éloges, et ils quittent alors New-York pour Hollywood quelques jours plus tard. Son inimitable accent frenchie charme les Ricains, d’autant que Maurice surprend toujours par cette simplicité qu’il a su conserver. Maurice Chevalier restera à jamais étonné par un engouement qu’il estimera totalement démesuré. Pendant cette période, il enregistrera son deuxième plus grand succès, Louise.

Londres

Après les USA, et Paris, il part à Londres pour un engagement au Dominion Theatre. Il est accueilli à la gare Victoria par une foule innombrable et une centaine de policemen. Quelques mots dans un micro déclenchent une véritable ovation, et Maurice Chevalier est totalement désarmé par les débordements d’une affection qu’il ne comprend finalement pas. Deux semaines de tour de chant à Londres, qui seront un tel succès que Maurice touche alors la moitié de la recette brute.

Malgré cela, la tournée en province est un fiasco, les débordements populaires ne se retrouvant malheureusement pas dans la vente des billets ni dans le taux de remplissage des salles …

Maurice Chevalier repart alors pour New York, où il tourne sous la direction de Ernst Lubbitsch The Smiling Lieutenant, avec Claudette Colbert et Miriam Hopkins comme partenaires et qui sera un succès de plus. C’est pendant ce voyage qu’il apprend la nouvelle du décès de sa mère, pour laquelle il écrira plus tard deux chansons, d’abord Toi… toi… toi… en 1941, et ensuite Prière à ma mère en 1947.

Retour en France et Seconde Guerre mondiale

Il finit par rentrer à Paris et se rend sur la tombe de sa mère, cimetière Saint-Vincent, et déjà il remonte sur scène avec de nouvelles chansons telles que Prosper.

L’été 1939 arrive et Maurice Chevalier continue à ne pas se préoccuper de politique, persuadé qu’Hitler ne bougera pas. Pourtant, le 1er septembre, alors qu’il dîne avec le duc et la duchesse de Windsor, à Cagnes-sur-Mer, la nouvelle lui parvient de l’invasion de la Pologne par l’Allemagne, ce qui scelle non seulement le sort de la France et de l’Angleterre par le jeu des alliances mais également et par voie de conséquences le sien. Le dîner tourne donc court, et Maurice rentre illico à Paris. Il chante ensuite à Metz, avec Joséphine Baker. Il met un nouveau succès à son répertoire, avec Ca fait d’excellents Français. Il attend, comme beaucoup de ses compatriotes, pendant cette période qui fut surnommée « la drôle de guerre ». Et puis enfin, après la demande d’armistice formulée par la France, il n’hésite jamais à se montrer accompagné de ses amis israélites. Il en subira d’ailleurs toute une série d’attaques de la part de la presse collaborationniste, qui déformera sans vergogne ensuite ses propos sur l’amitié des peuples Français et Allemands pour en faire un chantre de la collaboration. Cette anecdote le poursuivra longtemps.

un engagement courageux de Maurice Chevalier …

Pour chanter dans le camp d’Altengrabow, à la demande des autorités allemandes et où il a été lui-même prisonnier lors de la Première Guerre Mondiale, il demande que dix prisonniers de Paris soient libérés en échange de sa prestation. Là encore, ce qui persistera sera son voyage en Allemagne. Il faut bien lui reconnaitre un certain talent pour les emmerdements et les interprétations bizarres, même si en 1942 bien malin celui qui connaissait déjà la fin de l’histoire. D’autant qu’en septembre 1942, il chante au Casino de Paris devant les soldats de la Wehrmacht, à la demande d’Henri Varnaest qui veut sauver son théâtre de la fermeture …

Pierre Dac, qui officie sur Radio Londres, ne le rate pas, malgré les protestations de plusieurs de ses amis qui interviennent pour prendre sa défense. Pierre Dac, même s’il accepte de ne plus allumer Maurice sur les ondes, ne reviendra pas sur ses accusations. La Fête à Neu-Neu sort à cette époque, curieux parallèle …

… qui lui valent les pires ennuis.

Un tribunal spécial se réunit même à Alger le 27 mai 1944, et le condamne à mort par contumace. Une fois le débarquement passé, Maurice Chevalier et son épouse se cachent chez des amis, mais il est arrêté et conduit à Périgueux pour y être interrogé. La suite est assez rocambolesque, comme l’époque, et Maurice Chevalier mettra un certain temps à se disculper, sa survie était à peine assurée. C’est finalement Pierre Dac, alerté, qui plaidera sa cause devant le Comité d’épuration nationale. Il rentre ensuite à Paris, où c’est Louis Aragon qui prend à son tour sa défense. Finalement totalement blanchi, il sera même acclamé par la foule, dont tout le monde sait bien qu’elle est versatile et adore les retournements de situation …

Maurice Chevalier reprend sa route d’artiste, et en mars 1945 enregistre Fleur de Paris et récupère sa place dans le cœur des Français. Pour lui, clairement, c’est un nouveau départ.

Un succès qui ne se dément pas pour Maurice Chevalier

Après plusieurs films, il repart pour les États-Unis où il est toujours aussi célèbre. Il chante à Broadway pendant plus de deux mois, et enregistre Maurice Chevalier Returns, premier album enregistré à New-York, où le Maire lui remettra d’ailleurs sur scène la clé de la ville. Il enchaine par une tournée au Canada, et revient en France.

1949, et ce sont les débuts à la radio où il anime une émission hebdomadaire. 1950, sa chanson Ma Pomme devient un film où il joue le rôle principal. 1951, les débuts à la télévision américaine où il fait encore une tournée. Puis tout s’arrête, car l’Amérique en plein maccarthysme l’accuse soudain d’être devenu un dangereux agitateur, parce qu’il a signé l’appel de Stockholm contre les armes nucléaires. Il y sera persona non grata jusqu’en 1955. 1952, tournée en France et en Espagne. Années 60, il s’essaie au twist (le Twist du Canotier), et il joue Panisse dans le remake américain de Fanny (Marcel Pagnol).

Lmaurice chevaliera fin

1967, Maurice Chevalier annonce qu’il met un terme à sa carrière, et part pour une tournée d’adieux. Cette dernière tournée sera un véritable succès planétaire.

1971 le voit totalement déprimé, et se conclu d’ailleurs par une tentative de suicide aux barbituriques. Il quitte l’hôpital en gardant de graves séquelles, et meurt des suites de son geste le 1er janvier 1972 à l’âge de 83 ans. Il est enterré le 5 janvier au cimetière nouveau de Marnes-la-Coquette, aux côtés de sa mère.

 

Les grands titres

Valentine

Mimi

Prosper

Le Chapeau de Zozo

Un P’tit Air

Ça Fait d’Excellents Français

Marche de Ménilmontant

Et, bien sûr, Ma Pomme !

écrit par Yves

You just need to imagine...

Un concert !

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